jeudi 27 février 2014

Que sont devenues les 3000 start-up du logiciel créées depuis 1980 ?

Alors que l’on déplore en France le manque de start up du logiciel ayant réussi à atteindre une taille vraiment significative, Mc Kinsey sort un très intéressant bilan : que sont devenues les quelque 3000 entreprises de logiciel (cotées et encore en vie) créées entre 1980 et 2012 ?

Le tableau ci-dessous vous dit tout : seules 28% ont franchi la barre des 100 M$ de dollars de CA. Mais elles sont près de 100 à avoir dépassé le milliard de dollars et quand même 16 réalisent plus de 4 milliards de dollars de CA.

                72% n’ont pas réussi à atteindre la barre des 100 M$ de CA      

Nb d’entreprises de logiciel crées entre 1980 et 2012
Plus de 100 M$
de CA en 2012
Plus d’1 milliard de $de CA en 2012
Plus de 4 milliards de $de CA en 2012
2952
826
96
16
Entreprises cotées dans le domaine des applications, du jeu, d’Internet et des systèmes à l’exclusion des fournisseurs de réseaux

Les auteurs de cette étude soulignent que la plupart de celles qui sont passées de 100 M$ à plus d’un milliard  l’ont fait très vite. Ce sont 10% du club des 100M$ qui ont franchi ce pas mais elle sont 8 fois plus nombreuses à l’avoir fait en moins de deux ans (avec des croissance supérieures à 60% par an) que celles qui ont passé ce cap en un temps plus long.

Si l’on regarde maintenant la liste des 16 géants du logiciel qui engrangent plus de 4 milliards de dollars, force est de constater l’écrasante domination américaine qui en aligne pas moins de 13 soit plus de 80% du total. SAP est le seul à défendre les couleurs de l’Europe, Nintendo, celles du Japon et, surprise !, on y découvre un  Chinois, Tencent, portail Internet créé en 1998.


                                   Écrasante domination américaine

Activision Blizzard

Electronic Arts
Microsoft

Symantec

Adobe Systems
Facebook

Nintendo (Japon)

Tencent (Chine)

CA Technology

Google

Oracle

VM Ware

eBay

Intuit

SAP (Allemagne)

Yahoo

Les 16 entreprises cotées qui réalisent plus de 4 milliards de dollars de CA

lundi 17 février 2014

La high tech américaine : une affaire d’immigrés !

Etonnant : 60% des 25 plus importantes entreprises américaines (cotées) de la High Tech – d’Apple à LinkedIn -  ont été fondée ou cofondées  par… des immigrés de première ou seconde génération !

Mieux encore : les trois premières entreprises de la high tech (classées par leur capitalisation boursière), Apple, Google et IBM font partie de celles qui doivent leur existence à un "immigré".

 C’est la surprenante révélation faite par Mary Meeker, la célèbre partner du capital risqueur américain Kleiner Perkins Caufield & Byers lors de sa très fameuse présentation sur les grandes tendances de l’Internet.

Avec cette « slide » issue en fait d'un rapport du Partnership for a new American Economy,  elle entendait attirer l’attention sur le risque pour les Etats-Unis de freiner l’immigration de talents. Kleiner Perkins Caufield & Byers a d’ailleurs réalisé un rapport sur le sujet que l’on peut lire ici

En attendant il y a de quoi être estomaqué par la liste de Mary Meeker. Je vous laisse lire le tableau. On y découvre entre autres deux français Pierre Omidyar et Jean-Luc Vaillant, le premier a fondé eBay, le second est le cofondateur de LinkedIn. Not so bad…

Il faut noter également que s'il n'est pas à proprement parler fondateur d'Intel, Andy Grove (Hongrois d'origine) est arrivé aux tous débuts de l'entreprise comme COO.

Lire la présentation complète de Mary Meeker "2013 Internet Trends" du mois de mai dernier


Rang        Nom (entreprise cotée)       Fondateur/cofondateur           Origine
1
Apple
Steve Jobs
2 g Syrie
2
Google
Sergey Brin
1 g Russie
3
IBM
Herman Hollerith
2 g Allemagne
4
Microsoft


5
Oracle
Larry Ellison/Bob Miner
2 g Russie/2 g Iran
6
Amazon
Jeff Bezos
2 g Cuba
7
Cisco


8
Intel


9
ebay
Pierre Omydiar
1 g France
10
Facebook
Eduardo Saverin
1 g Brésil
11
EMC
Roger Marino
2 g Italie
12
Hewlett-Packard


13
Texas Instruments
Cecil Green/Erik Jonsson
1 g GB/2 g Suède
14
VM Ware
Edouard Bugnion
1 g Suisse
15
Priceline


16
ADP
Henry Taub
2 g Pologne
17
Salesforce


18
Dell


19
Yahoo
Jerry Yang
1 g Taïwan
20
Cognizant technologies
F d’Sousa/K Mahadeva
1g Inde/1 g Sri Lanka
21
Adobe Sytems


22
Broadcom
Henry Samueli
2 g Pologne
23
Intuit


24
LinkedIn
K Guericke/J-L Vaillant
1 g Allemagne/1 g France
25
Symantec


  1g :américain de  première génération /2 g : américain de deuxième génération


mercredi 5 février 2014

Bob Dylan chante le « made in America »… dans une pub Chrysler

Bob Dylan, sur fond d’une musique dylanienne en diable  (c'est celle de "Things have changed" ), chante, ou plutôt récite en voice over, un texte vantant les mérites du « made in America ». Ou plus précisément de la fabrication des voitures aux Etats-Unis. Son texte dit notamment : “Let Germany brew your beer, let Switzerland make your watch, let Asia assemble your phone.  We will build your car.

C’est dans une longue (2 minutes) et belle pub pour Chrysler qui est passée sur les écrans télé pendant le dernier Superbowl.

Cela agace certains de ses fans qui, évidemment, s’indignent de voir leur idole se mettre au service de la vente de voitures. D’autres en revanche se félicitent de voir Dylan s’engager en faveur de Detroit, de son industrie automobile et de ses travailleurs. “You can’t import original…You can’t duplicate legacy…Detroit made cars, and cars made America…You can’t import the heart and soul of every man and woman working on the line” chante-t-il dans la pub qui se termine pas "Things have changed", paroles originales de la chanson, répétées deux fois par Dylan. Subtil, non ?

Dylan qui a toujours été là où on ne l’attend pas se fiche probablement de la polémique… Cela dit  la pub qui ne mentionne Chrysler qu’au cours des toutes dernières secondes est habile et constitue un véritable plaidoyer en faveur de Detroit et de la production américaine. Même si Chrysler appartient à Fiat…

Cette initiative donnera-t-elle des idées à nos constructeurs français ?  Un duo Montebourg-Johnny Hallyday par exemple ? J’en connais au moins un qui y participerait volontiers…

En attendant voici deux minutes de "pur" Dylan... (la vidéo a déjà été vue plus de 2 millions de fois).


mardi 17 décembre 2013

Google à la pointe des technos robotiques avec le rachat de Boston Dynamics

Boston Dynamics : des supers technos financées
par la Darpa
Ça va très vite. Le 5 décembre je parlais sur ce blog des ambitions de Google dans la robotique, de ses rachats d’entreprises du secteur – sept au total depuis six mois - et du fait que ce n’était pas terminé.

Eh bien, ça se confirme. On peut lire aujourd’hui un peu partout une info choc :  Google vient de racheter une huitième entreprise et vraiment pas n’importe laquelle : Boston Dynamics fabricant de robots militaires hyper sophistiqués et financé notamment par la Défense américaine (la Darpa).

Comme on peut lire cette info à droite et à gauche je ne m’appesantis pas. Simplement, je vous conseille vraiment d’aller voir ces étonnants robots sur le site de Boston Dynamics. Vous pourrez y constater à quel point Google se dote de technologies de pointe ce qui est clairement l'unique motivation de cette acquisition et  en dit long sur ambitions en matière de robotique.

 Et, pour le contexte, je vous invite à lire le post du 5 décembre qui raconte les motivations de Google.

C'est tout pour aujourd'hui !

lundi 16 décembre 2013

Comment Air Liquide résout l’équation de l’innovation

Le fablab de l'i-Lab. Belle devise !
Inspiré par les travaux d’Armand Hatchuel, Pascal Le Masson et Benoît Weil enseignants-chercheurs de Mines Paris Tech, je notais dans le livre que j’ai consacré à l’innovation (« La vraie nature de l’innovation » voir ci contre) que « le classique modèle de R&D n’est pas adapté à l’innovation. » Ces chercheurs proposaient un autre modèle la « RID », avec un I pour « innovation » plus à même de favoriser le développement d’idées nouvelles.

Aujourd’hui, le groupe Air Liquide semble avoir fait sien ce point de vue en dévoilant sa nouvelle structure précisément dédiée à mettre le I d’innovation au cœur des développements du groupe. Il n’est pas le premier à le faire, mais sa démarche est instructive.

La structure s’appelle « i-Lab ». Elle est implantée au cœur de Paris – c’est-à-dire un peu à l’écart de la R&D du groupe, pour avoir sa vie propre -  et compte une quinzaine de personnes. La séparation d’avec les équipes de R&D n’est toutefois pas totale puisque l’i-Lab, dirigé par Grégory Olocco, est placé sous l’autorité d’Olivier Delabroy qui est… le responsable R&D de l’entreprise.

Cette structure pluridisciplinaire, avec ses ingénieurs, ses designers mais aussi des spécialistes des sciences humaines, a pour vocation d’explorer des idées nouvelles, de développer très vite des prototypes (notamment via son fab lab intégré) et d’expérimenter en vraie grandeur les fruits de ses travaux auprès d’utilisateurs. La « preuve de concept » est son ambition. Si elle est faite l’iLab passera ensuite la main à la R&D « traditionnelle ».

«  Nous sommes chargés d’identifier et de cartographier de nouvelles opportunités de croissance pour le Groupe. Nous  contribuons à décrypter les tendances, telles que la globalisation de l’industrie et les contraintes de ressources, les évolutions démographiques et de la consommation, l’urbanisation, les nouvelles technologies, pour mieux comprendre leur impact sur les usages des consommateurs » précise Grégory Olocco.

Autrement dit, il s’agit d’explorer tous les domaines « où le groupe a une légitimité » mais d’une façon radicalement différente de celle qui constitue le fonctionnement normal des équipes de R&D. Selon les termes d’Air Liquide, le laboratoire se veut ainsi  à la fois « think tank » et « corporate garage ». 

L’i-Lab travaillera à la fois sur des sujets de court et de long terme et aussi bien pour explorer de nouveaux marchés où le spécialiste des gaz peut se développer que pour mettre au point les technologies de production de ses « usines du futur ».

François Darchis membre du Comex en charge de l’innovation explique : « depuis une décennie pour assurer notre développement nous nous sommes efforcés de nous implanter dans de nouveaux pays, Chine, Moyen-Orient… ; désormais notre défi est de mieux comprendre ces marchés et de préparer l’avenir avec des innovations propres à satisfaire leurs besoins. » L’i-Lab français devrait ainsi être suivi de clones implantés à proximité des centres de R&D américains ou asiatiques du groupe qui compte quelque 6000 personnes en R&D.

 Parallèlement à cette annonce, Air Liquide a également présenté sa structure de capital risque, Aliad, hébergée dans les mêmes locaux et forte de 10 personnes. Elle a « vocation à investir dans des start-ups technologiques pour disposer d’un accès rapide et privilégié aux technologies développées ». Elle y consacrera « une centaine de millions d’euros d’ici à 2017. »

Après un an de fonctionnement Aliad  a déjà investi dans 5 entreprises. Parmi elle, l’australien Hydrexia qui propose des systèmes de stockage solides pour, l’hydrogène, les américains Terrajoule (pour la récupération de chaleur sur les unités de production d’hydrogène) et Plug Power (piles à combustibles pour chariots élévateurs).

lundi 9 décembre 2013

Le spectre de « la fin de l’emploi » resurgit… en version numérique

Et maintenant brisons les ordinateurs !
Il y avait eu le Luddisme, ce mouvement qui dans l’Angleterre du début du XIXè siècle avait vu les artisans s’opposer aux machines et les briser. Depuis, le terme Luddite  désigne, plutôt péjorativement, les ennemis de la technologie et de l’automatisation. Voici maintenant ceux que certains n’hésitent pas à baptiser « néo-Luddites » : issus pourtant du sérail numérique, ils s’inquiètent très sérieusement des conséquences dramatiques de ces technologies sur l’emploi.

Ces idées commencent à avoir un écho certain aux Etats-Unis. Leur fondement est le suivant : avec les fulgurants progrès du numérique, nous sommes désormais entrés dans une phase de formidable explosion de l’automatisation qui ne touche plus seulement l’industrie mais menace désormais quasiment tous les emplois de service et les tâches intellectuelles. L’impact sur l’emploi va être absolument dévastateur !

Cette inquiétude se nourrit en outre de la logique suivante : si les ordinateurs et le logiciel remplacent les humains dans les emplois de service, il n’y a désormais plus d’issue. L’automatisation de l’agriculture, avait conduit les travailleurs vers l’industrie puis celle de l’industrie vers les services. L’automatisation des services sonne donc le glas du travail. Il n’y a en effet plus d’échappatoire. Nowhere to go.

Parmi ceux qui ont conduit à populariser cette idée d’automatisation galopante, deux responsables du  MIT Center for Digital Business, Erik Brynjolfsson et Andrew Mac Afee. Dans le livre Race Against The Machine,  ils décrivent le développement exponentiel de l’automatisation à venir. Ils n’annoncent cependant pas  « la fin du travail », mais une dure période de transition avant que le numérique ne crée une nouvelle abondance. Mais beaucoup se sont emparés de cette idée pour décréter que l’emploi, c’est fini !

Le développement du numérique inquiète également des vrais « geeks ». Témoin Jaron Lanier, visionnaire d’Internet et pionnier américain de la Réalité Virtuelle. Dans son récent livre « Who owns The Future ? » il voit une autre très sérieuse menace dans cette technologie. Il constate -  à juste titre - que l’usage des services gratuits sur Internet s’accompagne du développement d’un « travail gratuit » : toutes les données que les utilisateurs  fournissent volens nolens. Les données de navigation de tout un chacun mais aussi les articles gratuits des blogs, la musique sur You Tube… Ils ne rémunèrent pas leurs auteurs mais, en revanche, enrichissent considérablement les quelques très grandes entreprises, Google et autres Facebook, qui en profitent. Pour lui, à mesure que davantage d’activités seront numérisées - « sofware mediated » dit-il - le phénomène va empirer, jusqu’à… détruire la classe moyenne. Bigre !

Dans ce contexte le think tank américain ITIF (Information technology and innovation foundation) vient de réagir avec une étude qui prend le contrepied des thèses des « néo-Luddites ». Dans ce document, « Are Robots Taking Our Jobs, or Making Them ? », l’ITIF défend vigoureusement la thèse de l’automatisation source de richesses - et donc créatrice d’emploi -, met à mal la notion de « nowhere to go », jugée « absurde », et milite pour un développement sans frein des machines.

Bref, le bon vieux débat sur l’impact de l’automatisation – est–elle  globalement créatrice d’emplois ou l’inverse ? – est désormais bien relancé, en version numérique cette fois.

Cela dit, on se rappellera que si d’un point de vue économique les Luddites avaient tort de s’opposer au développement des machines, en réalité ces mêmes machines ont bel et bien fait perdre leur travail aux protestaires. Comme quoi l’important dans la « destruction créatrice » schumpétérienne est avant tout d’être du bon côté du manche…

Liens utiles
Lire l’article sur le livre d Erik Brynjolfsson et Andrew Mac Afee « Race Against The Machine » sur le site de La Fabrique de l’Industrie
Lire l’article sur le livre de Jaron Lanier « Who Owns the Future ? » sur le site de La Fabrique de l’Industrie
Lire l’article sur l’étude de l’ITIF « Are Robots Taking Our Jobs, or Making Them ? » sur le site de la Fabrique de l’Industrie
Lire l’étude de l’ITIF « Are Robots Taking Our Jobs, or Making Them ? »

vendredi 6 décembre 2013

Apple, champion du… manufacturing !

Les outils de production font la différence
Si l’on en croit l’intéressant article publié par le site Bloomberg.com, Apple n’est pas tout à fait celui qu’on imagine lorsqu’il est question de fabrication.

Contrairement à la plupart de ses concurrents, l’entreprise ne se contente en effet pas de concevoir un produit et d’en sous-traiter la fabrication sans autre forme de procès. Elle attache une grande importance à l’industrialisation de ses produits, développe en interne les process de fabrication mis en œuvre par ses sous-traitants et les équipe même de systèmes de production très avancés du type de ceux « utilisés dans l’aéronautique ou la défense ».

Cela lui permet de se différencier en tirant des innovations en production un avantage compétitif par rapport aux produits concurrents.

Ce faisant, Apple de l’eau au moulin de ceux – défenseurs de l’industrie – qui affirment que l’une des raisons majeures pour conserver une compétence en fabrication tient justement au fait que sans maîtrise de la production, les capacités d’innovation finissent par s’éroder. C’est bien ce souci qui semble animer Apple qui, sans toutefois produire lui-même, conserve un savoir-faire qu’il transmet à ses sous-traitants sous forme de process et de machines.

L’article de Bloomberg cite de nombreux exemples de cet intérêt pour le manufacturing et indique que l’entreprise est actuellement en train d’accentuer son effort en la matière en multipliant notamment des accords d’exclusivité avec des fabricants de machines.

 Apple a ainsi conclu dernièrement un tel accord avec GT Advanced Technologies, un fabricant d’équipement pour produire le saphir qui recouvre les lentilles de ses smartphones. Elle a monnayé l’exclusivité en échange d’un prépaiement de... 578 millions de dollars !

Selon Bloomberg, Apple devrait investir pas moins de 10,5 milliards de dollars en 2014 dans des outils de production avancés tels que des robots ou des machines-outils.

ALire 
L’article de Bloomberg « Apple’s $10.5B on Robots to Lasers Shores Up Supply Chain »  

jeudi 5 décembre 2013

Google : et maintenant… la robotique !

Cap sur les robots industriels !
C’est beau d’avoir de l’argent plein les poches. Cela permet d’initier de grandes aventures d’innovation pour se préparer à saisir les marchés de demain. Google s’en fait une spécialité. Après diverses explorations technologiques, comme la voiture sans chauffeur, le très riche géant du numérique s’attaque en effet désormais à un marché d'avenir : la robotique.

C’est un article du New-York Times qui dévoile les (grandes) ambitions de l’entreprise californienne. Il présente notamment Andy Rubin, le responsable de cette activité lancée il y a déjà plusieurs mois. Andy Rubin qui a tout pour mener un telle opération : ex ingénieur en robotique, il était jusque-là le responsable de la division Android, le système d’exploitation pour smartphones de Google qui a eu le succès qu’on connaît.

Ce n’est pas, comme on pourrait l’imaginer, du côté grand public que Google porte son effort de développement de robots mais clairement dans le domaine des applications industrielles, typiquement celles d’assemblage (pour les produits électroniques par exemple) ou celles de logistique (automatisation de la préparation de commande dans les entrepôts, par exemple).

Cet engagement de Google dans la robotique industrielle est très significatif. Il peut amener à s’interroger sur les choix faits en France dans le soutien à la filière robotique qui, s’ils n’excluent pas les applications industrielles, sont en revanche nettement orientés vers les applications de robotique de service, voire de robotique domestique.

En tout cas, depuis les quelque six mois qu’il est à la tête de cette activité, Andy Rubin n’a pas chômé. Il a déjà acquis pas moins de sept entreprises spécialisées dans les robots, leurs composants ou l’intelligence artificielle. Des acquisitions technologiques qui lui fournissent de quoi construire des robots mobiles intelligents. « Il reste encore de nombreux défis technologiques à relever, dans le domaine des capteurs et du logiciel » dit Rubin qui indique par ailleurs que la campagne d’acquisition n’est pas encore achevée.  

A voir cette ambition, je ne peux m’empêcher de me poser une fois de plus la sempiternelle question : comment donc peut-on rester en France totalement absent d’une robotique industrielle qui se réinvente ? Cela alors que de nouveaux venus sortis de nulle part témoignent qu’il est possible de s’y faire une place. Je pense en particulier à Universal Robots, une PMI danoise créée en 2005 et qui semble bien partie pour réussir sur le marché des robots à bas prix ou à l’américain Rethink Robotics créée en 2008. Et demain, Google ?

A lire
L’article du New-York Times  : Google Puts Money on Robots, Using the Man Behind Android